Gérald Darmanin à Marseille : une visite placée sous le signe de la lutte contre le narcotrafic et le soutien à la justice


02 janvier 2025

Pour son premier déplacement de l’année 2025, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a choisi Marseille. Une visite au tribunal judiciaire, entre soutien aux magistrats, lutte contre le narcotrafic et réponse aux revendications des agents pénitentiaires.

Gérald Darmanin s’est félicité des résultats obtenus en 2024 dans la lutte contre le narcotrafic. Selon le ministre, les règlements de comptes mortels ont chuté de 50 % par rapport à 2023, passant d’une cinquantaine à une vingtaine. Une baisse significative, mais encore insuffisante selon lui : "C’est encore trop. Mais ces chiffres démontrent l’efficacité des actions engagées".

Les interpellations pour trafic de stupéfiants ont également explosé, atteignant 3 000 en 2024, soit une augmentation de 40 %. Une stratégie qui, pour le garde des sceaux, passe désormais par un ciblage financier : "Taper au portefeuille des trafiquants est notre priorité. C’est là où nous pouvons faire mal le plus rapidement". Dans cette optique, 41 millions d’euros issus du blanchiment d’argent ont été confisqués dans les Bouches-du-Rhône l’an dernier.

 

Une mobilisation judiciaire renforcée

Dans les murs du tribunal judiciaire de Marseille, Gérald Darmanin a tenu à saluer le travail des magistrats et greffiers, souvent en première ligne face à une criminalité organisée toujours plus violente. Il a annoncé vouloir alourdir les peines contre ceux qui menacent ou corrompent les agents du domaine judiciaire, rappelant que "nous devons collectivement nous réveiller face à cette menace".

Le ministre a également promis de mieux isoler en prison les cent plus grands narcotrafiquants du pays pour limiter leur influence : "Nous devons discriminer mieux les détenus, pour montrer aux citoyens que nous luttons efficacement ".

 

Une justice de proximité en renfort

L’après-midi, Gérald Darmanin se rendra à la prison des Baumettes. En décembre dernier, la directrice de l’établissement avait été placée sous protection policière après des menaces de mort proférées par un détenu lié à un réseau de narcotrafiquants.

Pour répondre à ces enjeux, une circulaire sera prochainement envoyée aux procureurs pour garantir une politique pénale plus ferme envers ceux qui s’en prennent aux agents publics. "Nous allons alourdir les peines et garantir que ces atteintes soient poursuivies avec la plus grande fermeté."

Au-delà des grands dossiers, Gérald Darmanin a réitéré son engagement pour une justice de proximité plus accessible et efficace. Une réponse aux citoyens qui demandent des actions concrètes et visibles dans leur quotidien. "Il y a plein de simplifications qui peuvent répondre à la proximité", affirme-t-il. " J’écrirais à l’intégralité des membres de mon administration pour leurs demander leurs propositions de simplifications. Je rencontrerais les organisations syndicales et j’espere qu’elle joueront le jeu de la simplification par le bas », a-t-il conclu.

 

Avec ce déplacement symbolique à Marseille, Gérald Darmanin a voulu marquer le début de son mandat en tant que ministre de la Justice sous le sceau de l’action et du soutien. Mais derrière les annonces, les défis restent immenses, dans une ville toujours marquée par le fléau du narcotrafic et les violences qu’il engendre.

 

Nathan Sperling